lundi 12 juin 2017

13 juin 2016 - Comprendre les stratégies d’usage et quantifier le rôle des services écosystémiques liés à l'arbre dans le Ferlo

Début juin, une petite équipe de membres du programme "Future-Sahel" (composé de Khoudia Niang, Abdou Ka, Etienne Delay et Deborah Goffner) est partie en mission dans les communes de Ranérou et Lougueré Thioly. Cette mission s'inscrit dans la continuité des travaux entrepris par Khoudia sur les usages de l'arbre par les populations dans la zone du tracé de la Grande Muraille Verte.

Quelques mois plus tôt, Khoudia assistée d'une équipe d'enquêteurs avait effectué un travail d’enquête par questionnaires et focus groups pour identifier et délimiter les pratiques ethnobotaniques dans ces mêmes communes.


Photos de terrain : à gauche, la quantification lors d'un ateliers ; à droite, la localisation des lieux identifier pendant les ateliers avec un acteur.
Les questions restaient entières quant aux moyens à mettre en œuvre pour la quantification des usages et la mobilisation des services écosystémiques liée à l'arbre dans la zone. Nous avons élaboré une stratégie de collecte d'information en nous inspirant de la publication de Hanna Sinare et al. (2016). L'objectif était de construire avec les acteurs une carte des types d’unités spatiales qu'ils utilisent et de s'en servir comme outils de médiation pour quantifier la part de chaque type d’espace dans la fourniture de services écosystémiques.

Localisation GPS des principaux socio-éco-patches fréquentés par les populations de Lougueré-Thioly. Ces positions serviront de base pour la cartographie de "l'espace vécu" des populations sahéliennes de la zone.
La construction de ces cartes avec les acteurs a été également l'occasion de délimiter avec chaque groupe leur "espace vécu", c'est-à-dire ce que les acteurs perçoivent comme les bornes de leur environnement quotidien. Fort de ces informations, l'enjeu de recherche pour nous est aujourd'hui d'être en mesure de produire une cartographie des socio-éco-patches (tel que décrit par Sinare et.al, 2016) dans les espaces vécus des populations sahéliennes pour ensuite reconstruire le système de valeur d'usage que ces derniers attribuent aux différents espaces et aux arbres qui les peuplent.

lundi 20 mars 2017

21 mars 2017 - Evaluer la production de fruits du dattier du désert (Balanites aegyptiaca (L.) Del.) et le déterminisme écologique de cette production

Le dattier du désert (Balanites aegyptiaca (L.) Del.) est une plante sahélienne répandue en Afrique tropicale. Très résistant, il résiste particulièrement bien aux conditions édaphiques et climatiques hostiles. Au Sénégal, la plante se développe particulièrement bien dans la zone nord sahélienne communément appelée Ferlo.


Population de dattiers du désert dans le Ferlo
Le dattier du désert est un arbre à usages multiples (pharmacopée, alimentation, fourrage, source d’énergie, production du bois…). Il produit des fruits localement appelés « sump » exploités par les populations du Ferlo. Les fruits sont commercialisés, leur pulpe sucée et les noix exploitées pour extraire une huile très prisée.


Les fruits du dattier du désert
Dans le cadre du projet de la Grande Muraille Verte (GMV), les fruits du dattier sont répertoriés parmi les ressources présentant un fort intérêt socio-économique. Leur commercialisation alimente une filière porteuse d’espoir et de source de revenus pour les populations locales. 


Petit commerce autour des fruits du Balanites
La valorisation économique des fruits du dattier par les populations justifie la nécessité d’une bonne connaissance des potentialités de la production afin d’optimiser leur exploitation. Pour répondre à ces préoccupations, le WP3 du le projet Future-Sahel s'est donné comme objectif, d’évaluer la production de fruits des arbres dans la zone et de comprendre le déterminisme écologique de cette production. La figure ci-dessous résume l’approche méthodologique élaborée pour cette activité.


Synthèse des activités du WP3 menées pour l’évaluation de la production de fruits et la compréhension
du déterminisme écologique de cette production de fruits.

L’université d’été du 11 au 20 août 2016 (organisé par l’observatoire Hommes Milieux international Tessékéré (OHMi) et ses partenaires) fut la période choisie par le WP3 pour organiser une première mission dans le cadre du projet. L’objectif de la mission a été de faire l’état des lieux des sols et de la végétation dans les différents sites d’étude.
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Etudiants du Master AFECA de l'UCAD et leurs formateurs
Le WP3 a été accompagné pour cette mission d’une délégation d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) du Master2 "Ecologie Agroforesterie et Adaptation" - AFECA) venus pour approfondir leur formation théorique sur les techniques d’inventaires de la végétation et d’étude du sol. Les étudiants du Master 2 AFECA,  accompagnés de leurs formateurs, ont appliqué les techniques apprises pour caractériser la végétation et le sol dans différents sites. Ce travail entre dans la cadre de la compréhension du déterminisme écologique de la production de fruits par le Balanites.

Description du profil d'un sol : (a) par le spécialiste ; (b) une étudiante mise à l'épreuve

En  décembre 2016, les activités du WP3 ont été poursuivies. Il s’est agi de mettre en place le dispositif destiné à l’évaluation de la production de fruits. Trois  stations climatiques  ont été installées sur les sites d’études (Koïly, Labgar et Ranérou). Elles collectent des données sur un gradient Sud-Ouest/Nord-Est sur un tronçon de la Grande muraille Verte de plus de 250 km. 

Mise en place d'un station climatique près de Labgar.
Sur chaque site, douze pieds de Balanites ont été choisis pour l’évaluation de la production de fruits. Les arbres choisis ont été clôturés pour permettre une meilleure collecte des fruits.

La mise en clôture d’un arbre comprend quatre étapes : (a) le choix et le marquage de l’individu ; (b) la fixation des piquets autour de l’arbre ; (c) le bordage du grillage autour des piquets ; (d) le ligotage du grillage au niveau des quatre piquets. A l’intérieur de cet enclos, les fruits qui vont tomber seront ramassés, comptés et pesés pour déterminer la production.

Installation d'une clôture autour d'une arbre suivi dans le cadre du WP3
Un arbre entièrement clôturé.

Nous remercions l’équipe du Laboratoire d’Ecologie Végétale et d’Hydro Ecologie de l’UCAD qui a accompagné les travaux du WP3 et toutes les personnes qui ont participé ou soutenu le projet.



Nos remerciements vont également aux agents des Eaux et Forêts qui nous ont accompagnés, avec une mention spéciale pou le Capitaine Bocar SALL de Ranérou dont le soutien logistique a été essentiel pour la bonne conduite du projet. 

L'équipe de soutien des Eaux et Forêt de Ranérou lors de la mission du 8 au 11 février 2017.